St François d'Assise
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La vie de François d’Assise
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François d’Assise naît en 1181 alors que son père, Pierre Bernardone, un riche drapier d’Assise, est en voyage d’affaires en France. D’où le nom que celui-ci donnera à son fils : " Francesco ", c’est-à-dire " le Français ". François est un boute-en-train et demeurera joyeux pendant la meilleure partie de sa vie. Il participe à la guerre contre Pérouse (1200) et est fait prisonnier. En prison, il aime s’exprimer et chanter en français. Il rentre en 1203. Homme fait à 22 ans, il se sent à l’étroit dans le magasin de son père : il veut devenir chevalier. Il s’enrôle donc dans l’armée. Tombé malade à Spolète, une voix intérieure lui demande de retourner chez lui. |
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![]() Le don du manteau Basilique supérieure (1297) |
Il vit alors un renversement profond : il renonce radicalement à la richesse, préférant une pauvreté absolue qui révolte son père au point que celui-ci le déshérite et le répudie. Ayant remis ses vêtements et possessions à son père, il se présente complètement nu à son évêque. Dans sa quête de solitude, François d’Assise perd tout goût pour les ambitions et les plaisirs et prend les vêtements des mendiants, passant du côté des exclus. |
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Il est touché par le regard du Crucifié dans l’église de Saint-Damien, près d’Assise : il veut dès lors suivre Jésus dans son dénuement total et décide de vivre à fond l’Évangile en fuyant l’argent, en vivant comme les démunis et en faisant pénitence. Il attire des compagnons qui parcourent les rues en chantant et vont ensemble présenter leur projet de fraternité au Pape Innocent III. François avait besoin de cette approbation, puisque c’est une époque d’hérésie (cathares, vaudois), de groupements hors de l’Église ou en marge de celle-ci, et qu’il ne voulait pas errer dans son évangélisme radical. Il appelle son groupe " les frères mineurs ", c’est-à-dire les derniers, les serviteurs de tous. Par conséquent, pas de prêtres, pas de moines, pas de couvent, pas de biens : la belle liberté des enfants de Dieu. Pas même de vie intellectuelle ou de recherche de culture, qui étaient des attributs de la classe des riches. |
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En 1212, Claire, fille d’un riche notable d’Assise, s’enfuit de la maison familiale, pour rejoindre François au Portioncule, petite chapelle où François eut l’inspiration première de sa consécration à Dieu. Elle fondera les Clarisses, consacrées à la pauvreté évangélique. François veut aussi évangéliser les Musulmans : il s’embarque pour la Syrie en 1211, mais sa mission s’avère un échec; il part pour le Maroc en 1212, mais il tombe malade. Enfin, en 1219, il rencontre le roi d’Égypte, Malek al-Kamil, qui est très touché par le moine. Mais de Palestine, François ramènera la malaria et un trachome. |
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La mort de Saint-François |
La discorde fait ravage parmi les frères, déjà 5000 en 1220. François refuse pourtant de réduire l’esprit évangélique à la lettre codifiée, sachant que ce qui l’a inspiré ne peut être retrouvé par des Règles. Il s’y résigne enfin en 1223, forcé d’enrégimenter et d’administrer un grand nombre de frères. (Plus il y a de monde, plus aussi il y a de règles.) Il renonce alors à sa charge de supérieur et s’enferme dans le silence, les larmes et la prière. Il reçoit les stigmates en 1224. Aveugle et affaibli par le jeûne qu’il a toujours prisé et enseigné, il demande à être ramené à son point de départ, le Portioncule, où il mourra entouré de ses frères en 1226. |
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Placide Gaboury |
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